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Séjour musical 2018

Ce tutoriel s’adresse à chaque nouveau venu dans l’OSADOC pour comprendre rapidemment le fonctionnement de notre orchestre symphonique amateur afin de jouer mieux tous ensemble.

Le tuto en vidéo.

Le tuto...

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extenso

Problème :  comment, en une cinquantaine d’heures, amener chacun des 55 musiciens amateurs installés à leur pupitre en face du chef d’orchestre, à acquérir le réflexe de le regarder le plus fréquemment possible en tenant compte des remarques instantanées de leur chef de pupitre respectif...

...de telle sorte que le temps d'un concert, le tas (de musiciens, d'instruments, de partitions, de chaises, de pupitre, de baguette, d’heures de répétitions et de concerts...) devienne un tout cohérent, un ensemble harmonieux et fidèle !

(c'est à dire œuvrant de manière concertée, coordonnée et collaborative dans le sens de la réalisation du projet musical voulu !)

Glossaire
des mots employés :

Intentions : Mélange de vision et d'ambition que cherche à réaliser le chef au travers son programme musical.

Conducteur : Partition regroupant toutes les parties écrites  d'une œuvre  musicale pour  orchestre  placée sur le pupitre du chef..

Conscientiser : Faire qu'un musicien ou que l'orchestre prenne conscience des problèmes  qui se posent potentiel-lement ou réellement à lui.

Chef de pupitre : Instrumentiste référent d’un pupitre dans l'orchestre. Chez nous, ce sont les 6 profs chargés de jouer le rôle d'encadrement intermédiaire
auprès des musiciens de leur famille instrumentale.

Degré d'exigence attendue : Elle représente pour le chef, dans l'interprétation de chaque pièce, le compromis tacite, implicite ou explicite, entre son ambition, le non-négociable, le souhaitable et le "pratiquement possible". Elle passe
autant par certaines obligations de moyens
que par certaines obligations de résultats.

Interprétation : Description, analyse et interprétation d'une œuvre musicale permettant au chef de lui donner personnellement du sens
et de mieux la comprendre pour, à son tour, la faire comprendre  et apprécier par chaque musicien de l'orchestre.
Est également l'expression de sa sensibilité en tenant compte des indications données par le 
compositeur.

Réalisation pondérée : De l'idée à la réalisation, il y a naturellement une pondération qu'impose les réalités propres à chaque lieu de concert. Cette pondération s'établit sur les critères d'acceptation que le chef d'orchestre estime, à partir du degré de préparation, du degré de fatigue, des éléments sonores, de la disposition des musiciens, ... 

Agogie : Légères modifications de rythme dans la conduite et l'interprétation voulue par le chef, lui permettant instantanément d'exprimer via l'orchestre la singularité d'une oeuvre, par opposition à une exécution exacte, identique et mécanique.

Code de communication / Direction  :  Ensemble de signaux  de  comman-dements et de gestes expressifs, établis le plus souvent selon un code convenu au cours des répétitions, et que chaque instrumentiste déchiffre, traduit et intègre à son jeu.

Glossaire
des mots employés :

Mimiques : Mouvement du visage servant à délivrer un ordre. On trouve dans cette catégorie les signes de départs, de mesures, de nuances, de nuances de jeu (amplitude du vibrato, timbre du son....). Rassurantes et bienveillantes pour les musiciens, elles 
soulignent le caractère du moment musical.

Gestique : Ensemble de gestes expressifs conven-tionnels, qui ne traduisent aucun ordre explicite mais toujours compréhensibles par les instrumentistes.

Ce sont souvent ces gestes qui donnent son caractère et sa singularité à la direction du chef d'orchestre.

Laisser-faire pour : On n'apprend bien qu'à ses dépends... Faire la faute permet de tirer la leçon pour ne plus la reproduire.

Battue : Matérialisation visuelle des temps de la mesure de manière à en assurer la transmission explicite, le repérage et la cohérence à l'ensemble. 

Pulsation : Désigne, dans notre domaine du rythme musical, l'accent intervenant de manière cyclique au début de chaque temps. La régularité de la pulsation garantit donc l'égalité des temps, et par conséquent, un certain tempo.

Caractère : De même que le compositeur indique tempo et nuances, accents et liaisons sur la partition pour souligner le caractère du morceau, le chef veille à l'expression de celui-ci.

Nuances : Signes notés sur nos partitions qui indiquent l'intensité relative d'une note, d'une phrase, ou encore d'un passage entier d'une œuvre musicale. Les nuances permettent au musicien de restituer la dynamique de l'œuvre lors de son interprétation. Le chef en est plus ou moins le "gardien" par sa gestique et ses mimiques.

Strates : les strates sont les couches superposées dont se sert le compositeur pour colorer et dynamiser sa musique.
Colorer par la façon de doubler une voix, d'accompagner une mélodie par un groupe d'instrument, dynamiser par l'ajout de familles d'instruments ou le choix d'une rythmique.
chaque voix a donc une importance appréciable ; et c'est avec ces strates que jouera le chef d'orchestre pour mettre en valeur les différents éléments composant la musique.

Pour l’essentiel, notre orchestre est composé de 55 instrumentistes répartis traditionnellement en quatre grandes familles d’instruments que sont les cordes (petites et longues), les bois, les cuivres et les percussions. Nous sommes organisés en arcs de cercle concentriques autour du chef d’orchestre, chaque famille d’instruments étant principalement répartie comme suit : 10 violon 1, 9 violons 2 en un demi-arc de cercle gauche, puis 5 violons altos et enfin 5 violoncelles et 1 contrebasse en un demi-arc de cercle droit. Viennent ensuite les instruments à vent, de la gauche jusqu’à l’extrémité droite ; on y trouve : 3 flûtes, 2 hautbois, 3 clarinettes, 2 bassons. Le troisième arc de cercle est, lui, composé des instruments en cuivres. De la gauche vers la droite : 2 saxophones, 4 cors, 3 trompettes, 2 trombones, et 1 tuba contrebasse… Enfin, la quatrième famille, celle des instruments à percussion, couvre tout l’arrière de la scène : respectivement - de gauche à droite - les timbales, les vibraphones et xylophone, la batterie et le Tam ; le tout animé par 4 percussionistes. A ce nombre de musiciens, il faut ajouter 6 chefs de pupitre (les profs, qui sont là pour encadrer et, si nécessaire, recadrer...).

 

Trois à quatre mois avant notre séjour intensif d’entraînement à la pratique orchestrale de printemps (6 jours et 5 nuits), chacun reçoit ses partitions. Il lui revient de les travailler afin de se les approprier.

Deux répétitions ont lieu en amont de notre séjour. La première en début d’année est réservée aux cordes, la seconde, dite « en tutti », trois à quatre semaines avant le séjour, regroupe pour la première fois l’ensemble des musiciens de l’orchestre.

Le but de ces deux répétitions est le même: établir et partager les éléments de langage capables de faire sens au sein de l'orchetre entre le chef et chacun de ses musiciens, de façon à les aider dans leurs jeux respectifs à arriver à bon niveau de maîtrise de l'ensemble pour, in fine, conduire l’exigence de son interprétation de chacune des œuvres inscrites au programme musical.

 

Ces deux premières répétitions ont également pour finalité de permettre aux chefs de faire une profonde "analyse-diagnostic" quant à l’ampleur et à l’ambition la plus réaliste possible - compte tenu du programme musical du travail à réaliser - pour que l’orchestre acquiert un très bon degré de maîtrise à l’issue des 50 heures d’entraînement à la pratique orchestrale que propose notre séjour musical.

Ces deux répétitions, ajoutées à celle du séjour, permettent à chaque musicien de prendre nombre de repères et de prise de notes sur chacune de leurs partitions afin de pouvoir mieux se coordonner les uns par rapport aux autres au fil du travail de détail, par pupitre le matin, et du travail en orchestre l’après-midi.

La relation qui s’instaure entre le chef et chacun de ses musiciens dans la conduite de l’orchestre « en temps réel » repose alors sur trois approches fondamentales complémentaires.

 

Primo : Le travail de table préparatoire du chef qui guide ses intentions à partager. En amont des répétitions, le chef d’orchestre - une fois son programme établi - se livre au travail de table qui lui permet de repérer et d’annoter dans le détail les éléments « critiques et clés » sur chacune des 20 « voix » représentées sous ses yeux sous forme d’un conducteur annoté par ses soins, pour lesquels il lui faudra en permanence veiller à ce que les musiciens de l'orchestre conscientisent, répétition après répétition, l’importance et la place de chacun de ces éléments de repérage pour mieux et durablement se les approprier à un niveau de "quasi réflexe" .

Le chef, relayé en cela par ses 6 chefs de pupitre, demande aux musiciens de bien vouloir noter ses remarques, repères et notules. Tout au long des répétitions avec l’orchestre, sa volonté va se concrétiser par le degré d’exigence attendu de son interprétation des œuvres affichées au programme (aidé du compositeur quand c’est possible !). La façon de réaliser ses interprétations va l’amener à gérer et adapter son comportement en temps réel, pour guider du mieux possible chacun des musiciens de l’orchestre dans la "réalisation pondérée" de celle-ci. Cette façon de conduire l’orchestre constitue l’agogie du chef, propre à chaque chef… L’essentiel étant d’en partager le code et ses significations !

 

Secundo : Un code de communication/direction commun au chef et à tous les musiciens. Une fois chacun  face à lui, sa partition bien installée sur son pupitre, cette agogie va se décliner pendant une cinquantaine d’heures en un code de communication, verbal et non verbal pendant les répétitions et impérativement non verbal pendant les 6 concerts, qui repose à son tour sur trois éléments essentiels : ses mimiques, sa gestique, son laisser-faire pour…

Au registre de ses mimiques, on trouvera des échanges interpersonnels d’expression du moment, des alertes lancées à dessein, des départs d’instruments. Ses mimiques servent également à accompagner, à rassurer et, bien sûr, à faire preuve en permanence de bienveillance vis-à-vis des musiciens amateurs qu’il dirige (combien de fois n'a-t-il pas "repêché" du regard des musiciens perdus, distraits ou simplement décalés ?...).

Au registre de sa gestique, essentiellement dans sa main droite remarquable par la baguette qu’il tient, on trouvera pour l’essentiel labattue de la mesure ainsi que la pulsation dans le caractère de la pièce travaillée.

Dans sa main gauche, s'expriment essentiellement les nuances ainsi que les éventuelles décompositions rythmiques opportunes facilitatrices, ... 

Sans oublier parfois les deux mains ensemble ou séparément, de manière indifférenciée pour donner des départs, marquer des respirations, ou bien encore mettre en valeur des strates, ...

Quant au laisser-faire, on trouvera dans cette stratégie de conduite la volonté de laisser les musiciens prendre certains risques, voire de les laisser aller à la faute pour mieux conscientiser les conséquences de leurs jeux et, après coup, de le modifier de manière systématiquement plus adéquate.

 

Tertio : L’écoute et la prise en compte des retours. Les retours pendant et après chaque concert, des musiciens, du public, des confrères, des partenaires, et de toutes autres parties prenantes concourent année après année à la pleine réalisation de notre projet d’éducation à la pratique musicale en orchestre symphonique amateur... et au succès de notre formule !

En synthèse, ce ne sont pas moins de cinq éléments qui fondent très concrètement la conduite de notre orchestre symphonique amateur OSADOC dans la pleine réalisation du projet musical orchestral « de et par » son chef.

 

· Premier élément : son organisation, établie principalement à partir "du casting" des musiciens et des partitions scotchées et annotées par chacun.

· Deuxième élément : le fonctionnement de cette organisation grâce à un double système de commande visuelle et d’ententes formelles clairement et précisément définies au tout début du séjour (un peu à l’image d’un sémaphore dont il faut apprendre le sens des signaux…).

· Troisième élément : le degré de maîtrise auquel le chef ambitionne d’amener l’ensemble de l’orchestre grâce au contrôle et à l’encadrement de ses 55 musiciens amateurs avec la complicité de ses six chefs de pupitre.

· Quatrième élément : la recherche du degré de réalisation optimale de chacune des interprétations par la guidance et le pilotage le plus immédiatement explicites (chaque salle de concert étant différente, il lui faut en permanence recontextualiser sa direction !).

· Sans oublier le cinquième et dernier élément et très certainement le plus puissant de tous :  à savoir le plaisir et la joie de se retrouver ensemble réunis entre copains et amis (jeunes et moins jeunes) pour « faire et s’écouter faire *» de la musique ensemble, dans un climat convivial et permettre ainsi à chacun de gagner en musicalité, en technicité et en maturité musicale, répétition après répétition, concert après concert, pour régaler un public qui nous fait l’honneur et la joie de venir nombreux nous écouter !

 

                                                    « * Expérience que chacun gardera gravée pour toujours dans sa mémoire… au rayon des moments les plus forts en émotions ! »

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